New-York City, ©1011.
Mise à jour 101001
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0. CORRESPONDANCE POLITIQUE
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1. RNIC
DEFINITION ~ SITUATION
POLITIQUE ~ PHILOSOPHIE
POLITIQUE
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2. PROGRAMME UNIVERSEL
DE RNIC 2002 ~ BASES
DONNEES POLITIQUES
"L'économie mondiale était, au cours des dernières années, menacée d'une crise financière. Des dispositifs de contrôle se sont mis en place progressivement. Le G7 finances s'est banalisé, les banques centrales, nationales et les organisations financières internationales ont accru leur coopération. Aujourd'hui, la menace qui pèse sur l'économie mondiale est devenue sociale. La crainte d'une crise générale conduira peut-être, ici aussi, à inventer des mécanismes permettant un dialogue social global et favorisant la recherche de solutions mondiales aux défis de la mondialisation." Le Monde, 06.02.96, dernier § de l'article "Les grains de sable de la mondialisation".
Nous avons proposé il y a un peu plus de cinq ans à Jacques Chirac et Lionel Jospin de travailler à l'élaboration de ces mécanismes, c'est-à-dire à une structuration raisonnée, européenne, du réseau Internet de manière à mettre en relation automatique la demande sociale avec l'offre économique, tant publique que privée. Car tel est l'objet du RNIC. Leur réponse, pour être éclairée et chaleureuse, ne s'est pas traduite d'effet sur le plan pratique. Le PAGSI s'oriente parfois dans cette direction, mais exclusivement dans l'ordre des transactions, ce qui atteste d'une méconnaissance profonde des principes fondamentaux de l'Internet et empêche, par suite, d'en tirer les conséquences efficaces. Or le développement d'Internet est devenu une question-clé de politique internationale (Le Monde, 11.02.01) et les sommets successifs du G8 révèlent l'impuissance persistante des manières politiques du siècle passé à combler le fossé entre citoyens et gouvernants. Comme en cinq ans, nous avons eu l'occasion de faire suivre nos réflexions de quelques effets dans les domaines pratiques de l'économie (Système d'Information et d'Action Economique) et de l'éducation (Système d'Information et d'Action Académique), nous pensons nous être forgé la légitimité d'en livrer quelques-unes librement. Le fait que nous n'y puissions consacrer qu'une part de nos loisirs nous oblige à en appeler à votre indulgence, au moins sur la forme.
1011, Grenoble, Paris, Bruxelles.
Micro-éditoriaux.
On s'étonne en ce début de troisième millénaire des catastrophes naturelles, technologiques et sociales, de la chûte des valeurs des nouvelles technologies ou de la faiblesse de l'Euro. On dit que ces valeurs ne représentent pas la réalité. Au moins représentent-elles la réalité contingente, non politique, de la révolution universelle à laquelle la technique moderne soumet le monde — et à son plus haut degré à travers l'Internet,"premier outil universel de traitement collectif des problèmes*". Le politique ne s'est donc pas encore posé la question de ces valeurs dans le cadre de la technique universelle qui est la réalité moderne. Le fait de ne pas penser cette nouvelle réalité dérive naturellement du cadre d'analyse antérieur et d'habitudes de pensées contractées en son sein. Or les variations en apparence irrationnelles de ces valeurs indiquent autant une modification dans notre perception qu'un changement de la réalité même.
La vigueur de l'économie d'un pays reposant sur l'Education et sur l'esprit que cette éducation inspire à sa jeunesse, il faut essayer de traduire la pensée de cette réalité nouvelle au plan pédagogique. Car au-delà de la nécessaire maîtrise des savoirs élémentaires [lire, écrire, calculer, penser], ce dont toute l'économie moderne a désormais besoin c'est moins d'individus industrieux, atomisés par les diplômes et la brutalité de la concurrence, que de citoyens capables de partager et mutualiser leurs compétences. La puissance du travail collaboratif par projet qui caractérise l'usage bien ordonné de l'Internet — et que l'Education Nationale commence à organiser en France au meilleur niveau — est à la fois un fait de communauté et une question sociale : la nouveauté des NTIC tient moins en effet à la technique proprement dite qu'aux changements organisationnels que cell-ci induit . Ainsi, l'Education, priorité des priorités du PAGSI — "Plan d'Action Gouvernemental pour la Société de l'Information" —, doit elle être plus fortement soutenue dans cette évolution par les collectivités, alors même que les entreprises les plus éclairées ne s'y trompent déjà plus : cette éducation est bien la branche sur laquelle tout le monde est assis.
Que penser d'une politique qui laisserait dériver l'Europe hors de la question sociale, privatiserait les moyens de bien commun de l'Etat et qui, dans le même temps, manquerait la fin profondément politique de l'Internet * ? Elle reporterait les risques rééls de l'économie de marché non plus seulement sur les individus (dont c'est après tout l'affaire) mais sur la communauté des hommes, bref : sur la politique elle-même. De deux choses l'une : ou bien elle ne saurait guère ce qu'elle fait ou bien elle le ferait à dessein d'autodestruction. Mais il lui reste à s'en prémunir avec la mise en réseau progressive de la société, la raison n'ayant pas encore réalisé ici un saut équivalent à celui de la technique (ce dont attestent continûment les variations boursières depuis 2000).
Héraclite écrit déjà au VIe siècle avant notre ère : "la [raison] est commune à tous". Elle est le bien le plus commun. Aussi est-il de la responsabilité de chacun de s'engager aux côté des hommes politiques pour pousser la réflexion, la discussion et la décision au-delà du point où celles-ci se sont trouvées arrêtées par les circonstances. Y-a-t-il pour cela, en France, une meilleure occasion que la perspective des Présidentielles de 2002 ?
DEFINITION
§ 0. Thèse et proposition générale du programme de R.N.I.C.
Le premier enjeu politique
de la révolution de l'Internet n'est pas le commerce
électronique, mais la structuration de l'offre économique
par la demande sociale : la structuration dynamique de l'Internet en un
véritable réseau transnational de l'information et de la
communication entre les citoyens et avec leur(s) Etat(s).
C'est-à-dire : a. la constitution d'une machine
de production sociale qui permette aux citoyens de mieux se
prendre en main, et à l'Etat de mieux prendre en compte leurs
questions, b. la constitution corrélative d'un machine
économique intelligente s'appuyant sur cette organisation
de la demande sociale, capable de créer la surface de
contact totale entre l'offre économique et cette demande
sociale, d'une part, et de réguler ainsi indirectement un
marché des capitaux contraint par la lisibilité de
données communes, d'autre part. Bref, un véritable
service universel d'intérêt public capable de
créer la confiance dans le système de l'économie
mondiale.
Les Etats modernes européens (pour commencer
par eux) se doivent donc d'offrir aux 'citoyens du monde' les moyens effectifs
d'un accès structuré et universel à l'Internet,
tant pour réaliser l'égalité des chances entre
tous (élèves, citoyens, pays émergents et
développés) que pour optimiser l'équilibre
objectif entre les nécessités sociales et celles du
marché. Outre la volonté politique des meilleurs, et
l'éducation de tous, un moyen de ces moyens pourrait
être l'idée de taxe de James Tobin : la
nécessité de son application unilatérale ne
dépend-t-elle pas, en définitive, a. de la prise de
conscience progressive, par nos politiques, que ce qu'elle permettrait
de financer est la condition même du plein emploi et du
développement de l'économie civilisée qu'ils
recherchent, et b. de la prise de conscience corrélative de nos
financiers, que, loin de bloquer le mouvement des capitaux, le
financement d'un tel réseau, structurellement universel, ne
ferait que l'assouplir et l'étendre ? Cependant, la limite
de l'idée de taxe Tobin est de ne tirer son sens que de
l'état actuel des marchés des changes : pour stopper la
spéculation ne vaudrait-il pas mieux, plus simplement et dans le
mouvement du déploiement d'un RNIC, travailler à
l'élaboration d'un système monétaire universel
(unifiant pour commencer le dollar et le yen à l'euro) ?
Note. La logique de la communication qui caractérise la mondialisation signifie en premier lieu qu'à des questions mondiales doivent être désormais pensées des solutions mondiales. Or, le mouvement de la globalisation porté par l'accélération technologique et le recentrage de l'ensemble des activités [y compris scientifiques] autour de la notion d'information, a pour effet premier d'amplifier tout ce dont il s'empare, et pour effet second de réduire tout sur le même plan. Tout à l'exception de la pensée. Mais celle-ci étant "commune à tous", le fait même de pouvoir mieux la mettre en commun sur le réseau — de la communiser, comme on disait en vieux français — ne peut qu'être bénéfique à tous. Par conséquent, aux citoyens qui ont les mains plus libres d'aider, autant que faire se peut, ceux qui tiennent le gouvernail. Et bien à eux de s'y frotter.
1011, Grenoble, 25 novembre 2000, 7H32.
§ 1. Triple objectif pratique, théorique et politique de cette page.
1. suivre le mouvement de la mondialisation sous le rapport de
l'opposition entre pouvoir politique et pouvoir économique.
2. réfléchir à la question de la technique moderne
telle qu'elle a mis le pouvoir politique sous son empire (la puissance
technologique et financière).
3. renforcer les éléments de réponse politiques
à la question de la technique que constituent l'idée de
taxe Tobin ou la mise en place d'un système monétaire
mondial, le RNIC et son objectif de sructuration politique dynamique de
l'offre économique par une meilleure analyse et prise en compte
de la demande sociale.
§ 2. Origine du programme*.
'Pourquoi la technique moderne ne servirait-elle pas la politique
des Etat modernes comme elle sert déjà le pouvoir
financier et l'entreprise intelligente ?".
Nous avons conçu le RNIC* en réponse à cette
question et l'avons adressé, en leur temps, à Lionel Jospin et Jacques Chirac, ainsi
qu'à l'ensemble des principaux responsables de la classe
politique française. Par prudence, plus que par conviction, la
plupart y ont répondu favorablement. Seul le Parti Communiste
n'a pas répondu du tout.
Mais force est de constater que la règle générale
fut, pour le législatif, de renvoyer la responsabilité du
dossier à l'exécutif et, pour l'exécutif, de la
renvoyer à la Constitution. En clair de botter en touche par
impossibilité constitutionnelle, comme on a pris l'habitude économique
de replier sur le plan du droit tout problème qui engagerait, en
dernière analyse, une responsabilité politique :
une communication Etat-citoyens permettant aux deux parties de mieux
évaluer et de mieux anticiper les mutations sociales et
économiques serait, certes, pratiquement souhaitable... mais, au
principe, la Constitution ne prévoierait aucune entorse au
système représentatif sur lequel se fonde notre
démocratie... voilà en substance ce qui est ressorti en
général de nos entretiens (exprimé au mieux par
l'équipe de Monsieur Balladur à Matignon dont nous
résumons la formule).
Le paragraphe suivant [§ 3] trace les limites historiques
de cette approche et l'urgence dans laquelle nous sommes tous de
reprendre la réflexion d'illustres prédécesseurs.
[note* : ce programme fait suite à un
projet antérieur, dénommé SEGMA d'Etat — pour
Service Expert de Gestion et Mesure des Audiences de l'Etat — et
développé à l'issue d'un rapport sur les usages
sociaux des réseaux interactifs, dans le cadre de la mission
interministérielle pour le développement des
réseaux de télévision par câble :
'Méthode des services à valeur ajoutée interactifs
à l'usage des entreprises et des collectivités
territoriales', MTVC, Paris, 1986].
§ 3. Antériorité de la réflexion politique de la question de la technique : Churchill, De Gaulle et Mitterand.
A notre connaissance, 2 tentatives essentielles attestent clairement cette antériorité. Elles n'ont jamais été reprises : faute de volonté ou d'esprit équivalent à ceux de leurs auteurs ?
> au plan de la politique d'Etat :
> au plan de la vie politique du citoyen :
§ 4. Le développement des
voies de communication, du XVII au XXe siècle, a unifié
et mis le monde sous la main de l'occident. Il est donc naturel que
l'homogénéisation technique de la planète trouve
dans l'Internet la forme même de son accomplissement.
Ce qui change avec lui c'est que le monde est mis
sous les feux de la conscience d'où qu'elle vienne :
à la lutte de la raison contre la
nature se substitue ainsi le combat de la raison avec
elle-même.
Les deux réponses à la question de
la technique que constituaient capitalisme et communisme se trouvent
désormais dépassées par le produit même de
leur opposition : un espace et une pensée techniques
homogénéisés permettent de mieux
révéler, paradoxalement, la diversité des
consciences et l'unité de la raison humaine et de ses
facultés.
L'éducation
des citoyens et l'égalité d'accès aux moyens de
communication sont les deux conditions pour que l'Internet soit la
machine universelle de production sociale à laquelle ses
concepteurs l'ont destiné en deux temps [1. machine du lien
communautaire (Arpanet), 2. machine universelle de traitement
collaboratif des problèmes(CERN)].
§ 5. La mondialisation (ou globalisation) apparaît comme le résultat achevé de la lutte de la raison contre la nature, résultat dont la maîtrise nous est en principe assurée par la science, physique ou économique, etc., suivant le champ de la réalité qu'elle traite. Pourtant, au-delà [ou en raison ?] des premières épreuves véritablement mondiales de ce siècle [la question générale de la technique et de sa maîtrise particulière dans la Shoah, Hiroshima et Tchernobyl], cette maîtrise ne va plus de soi. Ni dans sa conduite, ni dans la manière dont elle est conduite. Il semble qu'à de très rares, trop rares exceptions près, nous soyons passés d'une situation à l'autre sans y prendre garde politiquement, tandis que le niveau de conscience des citoyens, dans la mesure où ces derniers se trouvaient partie prenante du mouvement de la mondialisation les arrachant à leur ancienne situation, progressait, lui, au rythme quotidien de son déploiement et à l'épreuve des changements organisationnels induits (changement de rapport au monde : changement des situations, changement des moeurs...).
§ 6. L'International network
ouvrirait ainsi l'ère et les conditions d'une autre lutte :
celle de la raison avec elle-même.
Les USA, en concevant le réseau des
réseaux comme base de leur stratégie de reconquête
économique du monde, et en fondant le développement de
cette stratégie sur l'éducation et la communication,
semblent l'avoir compris les premiers.
§ 7. <erreur></erreur>
§ 8. En France comme en Europe le lien entre démocratie et progrès est mal assuré. En effet, ce lien s'articule autour de trois conditions sociales :
§ 8a. le droit et la possibilité pour tout citoyen de participer à la vie de l'Etat et de l'Europe et d'exprimer sa demande sociale.
§ 8b. dans la mesure où cette participation effective des citoyens est directement fonction, outre leur volonté, des conditions matérielles de la vie en commun, l'Etat doit s'efforcer d'améliorer constamment leurs moyens d'information et de communication.
§ 8c. le devoir et la possibilité pour l'Etat moderne d'être à l'écoûte générale des citoyens et de leurs problèmes, et de ne plus s'en tenir à celle particulière des groupes de pression.
§ 9. Or, ces trois conditions ne sont pas, en l'état, simultanément remplies. Même, la volonté politique [de droite ou de gauche] n'apparaît pas tendue dans le sens d'un renforcement de la logique de la communication qui unifie et préside à ces conditions. La raison en est que la voie actuellement choisie par les gouvernements successifs pour moderniser l'Etat n'emprunte encore qu'à la logique de l'information [et non à la logique de l'information et de la communication]. Est-ce par volonté délibérée ou par manque d'approfondissement de la question ? L'absence flagrante [à droite comme à gauche] de programme politique de quelque correspondance avec les enjeux indiqués ici en abrégé, d'une part, et avec la demande sociale telle qu'elle s'exprime de plus en plus fortement, d'autre part, confortent pour nous catégoriquement cette seconde hypothèse.
§ 10. démonstration autour
d'une analyse des services en ligne de l'Etat français à
suivre.
§ 11. Si le renforcement de la
société par sa mise en réseau [RNIC] ne peut
naturellement être imposé d'en haut, les moyens de sa
réalisation incombent néanmoins à l'Etat moderne.
Après qu'il ait assuré le déploiement des voies de
communication, ne s'agit-il pas ensuite logiquement, pour lui, de
favoriser le concert des volontés d'entreprendre des citoyens,
au sein de la nation comme avec les autres nations d'Europe ?
Sans la mise en relation effective des
aspirations des citoyens d'Europe, que signifierait, en effet, "un
gouvernement économique de l'Europe" ou bien "l'harmonisation
fiscale et sociale de l'Europe" ? Ou bien encore "rattraper notre
retard sur les USA" ? L'Etat doit autant universaliser
l'accès au réseau des réseaux que la
formation à son usage. Dans cette perspective, l'Education
nationale peut et doit tenir son rôle éminent d'initiateur.
§ 12. Si l''Europe veut cesser d'être mise à mal par les marchés monétaires et les effets catastrophiques que leur instabilité induit d'est en ouest, elle doit faire un pas décisif dans l'intégration pour accroître continûment sa stabilité : le partage de la souveraineté monétaire ne pourra fonctionner, en effet, s'il ne s'accompagne pas des moyens de ce partage sur le plan social et, par suite, sur le plan économique.
§ 13. Or, une coopération accrue des politiques sociales exige désormais plus qu'une coopération des Etats : elle appelle non seulement l'adhésion des citoyens eux-mêmes mais encore leur participation effective à la construction de l'Union et, par conséquent, des moyens de communiquer et d'agir entre eux et avec leur(s) Etat(s) qui n'existent pas à l'heure actuelle.
§ 14. Dans chaque ville comme dans toute la nation, face à la violence extérieure des marchés comme à celle "intérieure" des comportements incivils liés à la logique politique de la première, la volonté de participer davantage et de communiquer mieuxest passée au plan de chaque conscience individuelle : les citoyens considèrent que la cohésion ne pourra plus être renforcée sans concertations ni actions sur le terrain qui soient systématiquement conjuguées à celles des pouvoirs publics.
§ 15. Cependant, cette conjugaison
des volontés, seul recours possible contre la violence en
général, ne peut fonctionner si le discours des
politiques s'oppose à celui des citoyens. Il est donc
nécessaire, partout en Europe, de repenser le système
de communication et d'information mutuel entre les citoyens et leurs
Etats à la lumière des possibilités et de la
simplicité portées par l'Internet.
Tel est l'objet
général du programme de >>> RNIC
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